Sites funéraires et mémoriels de la première Guerre mondiale (Front Ouest)

Sites funéraires et mémoriels de la première Guerre mondiale (Front Ouest) –  Proposition d’inscription franco-belge sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO – Bien transnational en série

image2Association Paysages et Sites de mémoire de la Grande Guerre
46 rue Copernic
75116 PARIS
09.67.24.55.74

 

Qu’est-ce que la valeur universelle exceptionnelle ?

« La valeur universelle exceptionnelle signifie une importance culturelle et/ou naturelle tellement exceptionnelle qu’elle transcende les frontières nationales et qu’elle présente le même caractère inestimable pour les générations actuelles et futures de l’ensemble de l’humanité. A ce titre, la protection permanente de ce patrimoine est de la plus haute importance pour la communauté internationale toute entière. Le Comité [du patrimoine mondial] définit les critères pour l’inscription des biens sur la Liste du patrimoine mondial. » § 49 des Orientations devant guider la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial

La Valeur Universelle Exceptionnelle du Bien en série « Sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale » proposé à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO repose sur trois principes fondamentaux :

  • L’apparition de nouvelles sensibilités envers les soldats et civils morts à la guerre
  • L’émergence de modèles architecturaux
  • Une mémoire funéraire nouvelle

Les critères remplis

« Le Comité considère qu’un bien a une valeur universelle exceptionnelle […] si ce bien répond au moins à l’un des [6] critères [énoncés dans les Orientations]. » § 77 des Orientations devant guider la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial

Le comité de pilotage franco-belge, en partenariat avec le comité scientifique, a défini les critères remplis par le Bien « Sites funéraires et mémoriels de la Première guerre mondiale (Front ouest) » comme suit.

Critère (iii) (Apporter un témoignage unique ou du moins exceptionnel sur une tradition culturelle ou une civilisation vivante ou presque disparue).

Les sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale, éléments constitutifs de la série, témoignent de l’installation et la généralisation d’une nouvelle tradition du culte des morts au combat. Pour la première fois dans l’histoire, chaque victime est commémorée et reconnue individuellement, à une échelle universelle, et sans distinction de son appartenance sociale ou culturelle.

Critère (iv) (Offrir un exemple éminent d’un type de construction ou d’ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une période ou des périodes significative(s) de l’histoire humaine).

Les sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale, éléments constitutifs de la série, témoignent de la création d’une nouvelle typologie d’éléments décoratifs, architecturaux et paysagers de qualité exceptionnelle. Créés et organisés suivant des sensibilités culturelles ou des styles nationaux, l’attention prêtée à l’esthétique est universelle.

Critère (vi) (Être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques ou littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle (Le Comité considère que ce critère soit de préférence être utilisé conjointement avec d’autres critères)).

Les sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale, éléments constitutifs de la série, par le degré inouï atteint par les forces de destruction et la mort de masse, répondent à la volonté de perpétuer l’identité individuelle de la victime de guerre. Ils accompagnent le deuil des proches et visent à donner un sens, dans des sociétés traumatisées, à la disparition d’une grande partie de la population. En ces lieux, l’histoire de la mémoire prend une valeur exceptionnelle.

Aujourd’hui, les sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale sont devenus des lieux de recueillement et de célébration de la mémoire des morts dont la symbolique exalte la paix et la réconciliation.

De nouvelles sensibilités envers les soldats et civils morts à la guerre

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« Grande Tombe de Villeroy », nécropole nationale de Chauconin-Neufmontiers,© Département de Seine-et-Marne/Y. BOURHIS

C’est l’ampleur des pertes humaines, dès le début et pendant toute la Première Guerre mondiale, qui a conduit à reconsidérer l’inhumation des victimes de guerre. En effet, au début du conflit, la majorité des tombes sont encore des fosses communes. Cependant, cette pratique longtemps utilisée au cours des siècles précédents est désormais rejetée par les familles et les camarades des défunts.

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Cimetière militaire du Commonwealth « Etaples military cemetery » ©J. FOLEY « Les champs de la mémoire »

Peu à peu, la pratique des inhumations collectives est remplacée par l’individualisation des sépultures. A la fin de l’année 1915, tous les États belligérants accordent le droit à la sépulture individuelle apportant une réponse humaine, par la reconnaissance de l’individu, à la mort de masse provoquée par la guerre. La reconnaissance de l’individu va plus loin, le nom de chacun est alors inscrit sur les emblèmes ou les mémoriaux, et les identités philosophiques et/ou religieuses sont respectées.

 L’émergence de modèles architecturaux

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Nécropole nationale et ossuaire de Douaumont, © Mission Histoire – Département de la Meuse

La rupture anthropologique et culturelle qu’incarne la généralisation de la tombe individuelle pour les victimes de guerre a conduit à la création de cimetières -provisoires ou définitifs- à proximité des champs de bataille. Pendant le conflit, chaque nation élabore progressivement de nouveaux modèles esthétiques et architecturaux pour ses sites funéraires : cimetières, mémoriaux, etc. Ces modèles seront fixés de manière définitive dans les premières années d’après-guerre et seront repris pour les conflits suivants.

Le modèle français reprend la croix latine en bois ou en pierre. L’organisation générale du cimetière se fait en carrés séparés par de grands axes. Le plus souvent, les axes s’organisent autour de mâts ou de monuments commémoratifs.

Le modèle allemand présente le plus souvent des cimetières paysagers, parfois étagés. Il utilise des emblèmes toujours sombres, pouvant être facilement personnalisés. Ils peuvent être de différents types : stèle en pierre, croix en métal, pupitres.

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Cimetière militaire allemand de Veslud, © Conseil départemental de l’Aisne/F. VILTART

 

Le modèle élaboré par les pays du Commonwealth reprend la stèle en pierre, de plus tous les cimetières doivent comporter certains éléments tels que la croix du sacrifice et la pierre du souvenir.

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Ensemble mémoriel du Commonwealth de Pozières, © J. FOLEY « Les champs de la mémoire »

Une mémoire funéraire nouvelle

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Le monument aux disparus du Commonwealth « Menin Gate », © J. FOLEY « Les champs de la mémoire »
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Anneau de la Mémoire © Yannick Cadart

L’introduction des tombes individuelles a permis de conserver les noms des soldats en les inscrivant sur les croix ou les stèles. Dans le cas où les dépouilles n’ont pu être identifiées ou retrouvées, les noms ont été inscrits sur les mausolées et les mémoriaux qui deviennent alors le prolongement des cimetières militaires. Cimetières militaires, mausolées, mémoriaux permettent alors de conserver le souvenir des combattants et de rappeler de manière constante que ce sont des individus qui ont laissé leur vie au combat. Dès leur création, ces sites sont des lieux de recueillement et de pèlerinage, puis ils sont devenus des espaces de commémorations témoins de la réconciliation et de la paix.

Pour plus d’informations

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